mercredi 19 juin 2013

Les musées sont des lieux de magie

J'ai pleuré, une fois, devant une peinture. J'ai souri, j'ai ri. Je me suis arrêtée, fascinée. Je me suis tordue le coeur et les tripes, j'ai failli arrêter de respirer. J'ai sauté d'excitation. J'ai murmuré "merci" à celui qui avait donné vie à sa création.

Les musées font partie de mes lieux favoris. Les musées sont, simplement, et ils vivent bien plus qu'ils n'en donnent l'impression. Il suffit juste d'attraper le regard d'une femme en train de trancher la gorge de son adversaire, d'être surpris, au détour d'un chemin, par un cerf acculé par des chiens, de courir et courir jusqu'à enfin voir la Charmeuse de serpents s'afficher, dans toute sa gloire, et nous honorer de sa présence enchanteresse.

Je pourrais dire qu'Orsay est mon musée favori, mais ce ne serait pas exactement vrai. Parce qu'il y a un autre musée qui a ravi mon coeur, depuis des années, et il est bien malheureux que celui-ci soit si loin et si cher. Son jardin est magique. Ses fontaines ont quelque chose d'étrange, de décalé. Il est un monde à part, dans la verdure, tracé par les doigts des artistes qui ont aidé à sa naissance. C'est à la Fondation Maegh que j'ai appris mon amour pour l'avant-garde russe. C'est à la Fondation Maegh que l'art à parfois pris des tours et des détours que je n'aurais pas cru voir un jour. Pépin Géant m'y attendait là, héros d'histoires racontées en maternelle par une institutrice passionnée d'art. Le chat de Giacometti et ses silhouettes humaines ne cesseront d'être à chaque coin de rue, filiformes, fascinantes.

Je ne comprends pas l'art. Je ne comprends pas les artistes. Mais j'aime les musées.

Et parfois, je me rappelle à quel point certaines oeuvres, certains artistes ont pu me tordre les tripes, ont pu me donner tant de sentiments, ont pu animer en moi tant de mouvements. L'énergie qui éclate dans l'oeuvre de Zao Wou-Ki. Les dissonances et les couleurs de Kandinsky. La lumière et l'imagination de Chagall. La noirceur et le désespoir de Munch. La beauté étrange de Hopper.

Parfois, je me demande ce qui guide leur main. 

Parfois, je me dis que j'aimerais m'exprimer à leur façon. 

J'en suis incapable. Je n'explose pas ainsi. Les couleurs m'échappent. Mon imaginaire ne se laisse pas toujours représenter. Je ne suis pas une artiste. Mais les artistes m'accompagnent. L'art est une nécessité. Il n'a rien d'accessoire. L'art est ce qui élève, qu'il ait les mains dans la terre ou le regard vers le ciel. L'art est un message et un messager tout à la fois.

Les musées sont les lieux de rencontres improbables et magiques.

Les musées ont leur magie, dans les couleurs et les courbes, dans leurs silences envahissant. Ils sont le lieu de sentiments, d'allégorie, d'hommages oubliés et d'images perdues qui se retrouvent et qui enchantent. La Charmeuse de serpents n'est pas qu'une figure peinte sur une toile. Elle est celle qui enchante et fascine, celle qui donne naissance à une magie, à la rencontre avec les écailles et les regards de reptile. 

Les explosions de couleurs... les courbes de l'Art Nouveau... les anges et les démons du symbolisme... les saintes et les saints, les héros bibliques et les héros historiques, les martyrs d'une patrie oubliée, les paysages immenses et les vanités, la multitude et l'unique, tous les sujets et toutes les abstractions sont là, qu'on les comprenne ou non. 

Les musées sont les lieux où j'ai, pour la première fois, rencontré la magie et le sacré.

jeudi 13 juin 2013

Critique - La Sibylle Païenne (Nada Mesar, Lunaea Wheatersone & Chatriya Hemharnvibul) [ Lo Scarabeo, 2012 ]

La Sibylle Païenne (en anglais : Wicca Oracle Cards) est la réédition de l'oracle Wicca : la Danse de la Vie publié en 2005 par Lo Scarabeo. Je dis bien réédition et non pas réimpression, car les deux oracles, s'ils ne sont pas fondamentalement différents, ont quelques différences majeures. L'original a été mon premier oracle (que je n'ai plus désormais) et cette réédition a été l'occasion de le ravoir entre mes mains... alors, quel est donc mon avis à ce sujet ?

Cette critique a été soutenue par Apollo 13. Ou il aime juste mon lit. C'est une possibilité.
La présentation du jeu est tout bonnement excellente. Lo Scarabeo nous a réservé une réédition avec une présentation soignée. La boîte qui accueille le jeu est une boîte en carton solide, similaire à celles d'éditeurs tels que Hay House ou Blue Angel Publishing... avec un petit truc en plus : un ruban pour sortir plus facilement de la boîte carte et livret ! Pour le coup, je dis : encore ! Encore ! 

Le livret, lui, par contre, est un livret Lo Scarabeo habituel. Physiquement plus beau, oui, mais sinon, c'est ce fameux livret multilingue (8 langues) où chaque langue à environ une quinzaine de pages. Enfin... "Livret Lo Scarabeo habituel", je suis méchante. Chaque carte a le droit a une signification endroit, envers, une affirmation et un défi. Ce n'est pas très détaillé, mais cela l'est beaucoup plus que cela ne l'avait été. Certaines significations ont légèrement changé entre cette édition et l'ancienne, d'après mes souvenirs, également. Un seul petit souci : certains tirages ne sont présentés que dans la partie anglaise ! Ahrmpf... Pourquoi ? C'est assez désagréable, comme constatation, surtout que ces tirages sont assez sympas et ont été crées spécialement pour ce jeu.

Qu'en est-il des cartes ? Eh bien... Les illustrations de Chatriya Hemharnvibul sont magnifiques. Des aquarelles aux couleurs tamisées, mais vivantes, détaillées, qui mettent en avant différents aspects de la Wicca, ce jeu est un véritable petit plaisir pour les yeux au niveau des illustrations. Je trouve que c'est réellement le point fort de ce jeu. Ces illustrations sont wiccanes, oui, mais elles vont plus loin. Connaître la Wicca est un plus pour interpréter ces cartes, mais je dirais que ce jeu est utilisable rien qu'en profitant des illustrations de Chatriya et en les interprétant intuitivement.

Deux cartes du jeu
Trois modifications importantes : les cartes ont une bordure plus large, violette, qui accompagne une modification du dos des cartes, et, de plus, les cartes... brillent.

Oui. J'ai bien dit brillent. Comme vous pouvez le constater sur la photo, des petites décorations métalliques brillantes ont été ajoutées aux cartes. Et, comment dire... Si sur certaines cartes, cela rend de façon magnifique (si on aime les choses qui brillent, ce qui est mon cas. Surpris ? Eh. J'aime le rose et les paillettes. Ça casse ma réputation de dévote de Hel, hein ?) et permet de mettre en valeur les illustrations, sur d'autres, c'est vraiment trop. Je ne sais pas qui a pensé qu'il était de bon goût de couvrir le ciel de paillettes, sur certaines cartes. Vraiment pas. Mais cela ne rend pas bien. Heureusement, ces cartes ratées sont une très petite minorité, mais cela peut néanmoins en rebuter plus d'un.

Donc, au final ? J'aime cette réédition. Elle est beaucoup plus kitch que l'édition précédente, qui reste, à mon avis, supérieure avec sa bordure simple et ses illsutrations sans paillettes, mais... J'aime tout de même cette réédition. Les illustrations restent superbes, les paillettes par endroit sont parfaitement utilisées, et ces cartes se lisent sans le moindre problème pour moi. Donc, si vous aimez les paillettes, n'hésitez pas à prendre la réédition de ces cartes. C'est un jeu solide, un très bel oracle qui fait très bien son boulot et qui, à mon avis, cache bien son jeu sous ses aspects très doux.

vendredi 31 mai 2013

Serait-ce une nuage de poussière que je vois là ?

Plus d'un an que je n'ai pas fait de mise à jour ici. Ne serait-ce pas honteux ? Eh bien... Si. Si, tout à fait, c'est honteux, et je m'en excuse. Je ne vais pas chercher à expliquer, ce ne serait pas utile, mais me revoici désormais à investir ce petit coin du net.

Qu'avez-vous à attendre prochainement de ce blog ? Eh bien... Voici, en vrac, quelques idées et projets de billets qui me trottent dans la tête et que je compte rédiger pendant mes vacances :
-Une présentation de mes autels actuels, au vu de l'évolution de la chose au cours de ces derniers mois
- Un petit "pas à pas" sur la construction d'un autel de voyage, car celui que je possède a un petit souci et que je compte m'en refaire un pour quand je serais à Prague
- Une présentation de certains de mes derniers jeux (en vue, pour le moment : l'Oracle of Shadows and Light, l'Oracle of the Shapeshifters, et la Sibylle Païenne)
- Des tirages (si vous avez des désirs particuliers, n'hésitez pas à me demander !)
- Des partages de recherches que j'effectue pour ma propre voie
- Une présentation du système que j'utilise actuellement pour les Sortes Virgilianae, une divination basée sur un système de bibliomancie antique, que j'ai mêlé à ma passion des dés

Voilà donc les annonces pour les quelques prochains articles. Si quelqu'un désire voir quelque chose d'autre ici, ayant attrait à la divination ou bien au paganisme romain ou nordique... n'hésitez pas à demander :)

mardi 24 avril 2012

Voodoo in Blue - Oracle of Shadows and Light

No temptation is my sin
Not my darkest deepest whim
[ We Will Rise Again - Scorpions ]


   La semaine dernière, quand je suis rentrée de chez le Yaourt (après être revenue de chez Wilwy (et Maya, puisqu'on squattait chez elle, hein, quand même... Merci encore :3)), un paquet en provenance d'Angleterre m'attendait. Précisément, un paquet en provenance de TheBookDepository, ma librairie anglaise en ligne favorite (frais de ports gratuiiiits *choeurs angéliques*). 

Mes jolies, mes précieuses !
   Tout d'abord : ce jeu est une tuerie pour les yeux. J'aime vraiment beaucoup les dessins de Jasmine Becket-Griffith. Il y a des dessins plus anciens, d'autres plus récents, mais en tout cas, il y a une belle cohérence dans ces yeux, dans ces mines parfois mélancoliques, boudeuses ou capricieuses. J'adore le sentiment général qui se dégage de cet oracle. Elles sont joueuses, capricieuses, directes, sans délicatesse. Elles. Parce qu'il se dégage véritablement un sentiment de groupe uni, féminin, de ces cartes.

   J'ai acheté la version américaine des cartes, qui est un peu différente de l'édition d'origine et de l'édition française (Oracle des Êtres d'Ombres et de Lumière). Quelques cartes ont été modifiées, je n'ai plus exactement la liste sous les yeux. La raison principale de mon choix a simplement été le prix. Vu mon budget assez serré, j'ai favorisé la version la moins chère, hééé oui... Et finalement, je suis assez contente, puisque j'ai la version avec la carte "The Three Fates - What comes around..." qui me parle plus que la version d'origine.

   Pour une première rencontre avec ces cartes, j'ai décidé, ce matin, de faire un tirage. Ooooh dieux...

Voodoo in Blue - Back off ! / Violet Duchess - Stifled, bored and stuck
   Les filles sont capricieuses, l'ai-je déjà dit ? Si non, je me sens obligé de le re-dire. Ces filles-là sont capricieuses. En voyant Voodoo in Blue, j'ai eu l'intuition qu'elles voulaient être nettoyées avant que je les utilise. La Violet Duchess me l'a confirmée. Alors... Je leur ai posé la question. A Clockwork Pumpkin - 'Aha !' moment. Hé bien... Ces filles là veulent qu'on s'occupe d'elles avant de discuter. J'aurais bien envie de leur trouver un mouchoir en tissu pour qu'il devienne leur tapis de tirage de prédilection. 

   Capricieuses, grognonnes, têtues et décidément pas avec la langue dans leurs poches. Je sens qu'elles et moi, nous allons avoir beaucoup de choses à nous dire. Hm <3

jeudi 5 avril 2012

The Final Sting

Exchange the cold days for the sun
A good time and fun
Let me take you far away
You'd like a holiday
[ Holiday - Scorpions ]




   Hier, j'ai pu profiter d'un de mes cadeaux de Noël. Mes parents m'avaient offert une place pour le concert de Scorpions qui avait lieu à Caen. Et bons dieux... ce que je peux les aimer. Ce que je peux aimer leur musique. Ce que je peux aimer à quel point ils sont capables de me faire vibrer.

   Il y a quelque chose d'étrangement fascinant dans les rythmes lourds de certaines chansons. Dans la façon dont elles vibrent. The Zoo m'a encore déchaînée, d'une certaine façon. Le sourire qui monte sur les lèvres et qu'on ne retient pas, l'envie de chanter, et ce rythme qui sourde, qui vibre à travers la poitrine, jouissif. Sauvage. Ce n'était pas la beauté puissante d'une musique classique qui m'a traversée, lors de cette chanson, hier soir, mais juste ce plaisir bien sauvage de sentir la vibration à travers mon torse, à travers les rythmes. Pas mieux avec Sting in the Tail et Raised on Rock, qui m'ont bien secouée, surtout maintenant que je les ai un peu apprivoisée (à Strasbourg, lors de la tournée Get your Sting in the Tail and Black Out, c'était quasiment ma première écoute de Sting in the Tail. Jolie baffe)

   Puis il y a cette émotion difficile à contenir dans certaines autres chansons. Il n'y a pas à dire mais... chanter avec une salle complète Still Loving You, Send me an Angel et Holiday, ça a quelque chose qui me remue les tripes, personnellement. Ce n'est pas "juste" une chanson que l'on chante. Ce n'est pas "juste" un classique que l'on se doit de ressortir dans un concert (Holiday, en particulier, vu que c'est souvent sur cette chanson que Klaus Meine fait chanter le public et joue avec lui). C'est une émotion, une énergie toute particulière qui se dégage dans la salle à ce moment là. Fascinant de ce rendre compte à quel point seuls quelques hommes, en tissant leurs musiques, sont capables d'unir une salle complète avec des gens aussi différents. Parce que j'ai regardé un peu le public en attendant le début du concert. Des ados, des jeunes adultes, jusqu'aux vieux de la vieille, qui connaissent le groupe depuis bien plus longtemps que la plupart des gens dans la salle. Tous ces gens qui n'ont rien à voir et qui chantent ensembles par amour pour un unique groupe, ça a quelque chose qui me secoue, moi.

   L'émotion. Vraiment. Cette même émotion qui m'a un peu prise à la gorge quand les notes de The Best is Yet to Come ont commencées à résonner, en plein milieu du concert. Parce qu'elle ne finit jamais les concerts, non. Toujours au beau milieu, cette déclaration d'amour, cette preuve que non, ce n'est pas fini. Ce n'est pas parce qu'un groupe part que la musique meurt. Et il y a cette émotion palpable de la part du groupe. Ce n'est pas rien. Cette émotion qui secoue toute cette chanson.

   L'expérience, malheureusement, ne se reproduira plus avec Scorpions, probablement. Ou peut-être que si, j'ai bien assisté à deux tournées d'adieu, malgré tout. C'était mon troisième concert avec eux. Je n'y ai certainement pas perdu mon temps, parce que toute cette énergie, ces rythmes, ces vibrations, m'ont vraiment dynamitée, d'une certaine façon. Retrouvé les rythmes que j'affectionnent, les sentir me traverser, goûter à nouveau, "en vrai", à ces chansons qui prennent une dimension qui les magnifie... cela m'a dynamisée, inspirée. 

   The Best is Yet to Come...